À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, l’Association Reconnaissance rappelle l’urgence de lutter contre les violences sexuelles.

À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes du 25 novembre, l’Association Reconnaissance rappelle l’urgence de lutter contre les violences sexuelles, une des formes de violence qui touche de manière disproportionnée les femmes, à l’instar des violences liées au genre de manière générale. Aujourd’hui, l'Association Reconnaissance s’engage à faire entendre ces voix et à promouvoir des réponses innovantes et essentielles pour reconnaître, prévenir et, surtout, soutenir les victimes et survivantes.

Les violences sexuelles persistent dans nos sociétés, avec des conséquences graves sur la santé mentale et le bien-être des personnes affectées. Bien que le droit pénal soit un outil essentiel pour réprimer ces violences, le système judiciaire actuel reste insuffisant pour répondre pleinement aux besoins des survivantes et offrir un accompagnement réparateur. Les obstacles sont nombreux : procédures souvent longues et traumatisantes, manque de soutien psychologique et social, ou encore insuffisance de la reconnaissance publique des souffrances vécues. Dans ce contexte, la justice restaurative apparaît comme un complément nécessaire, permettant de reconnaître la voix des victimes et d'œuvrer à leur guérison.

C’est dans cet esprit que l’Association Reconnaissance s’investit pour promouvoir une approche qui renforce la prévention primaire et secondaire des violences sexuelles, tout en respectant les exigences de non-confrontation, d’anonymat et de confidentialité. Le projet central de l’association est la mise en place de commissions de reconnaissance, inspirées des Commissions Vérité et Réconciliation d’Afrique du Sud et des rencontres publiques organisées par des collectifs à Genève tels qu’Engageons les murs et la Grève féministe. Ces commissions reposeront sur l’idée d’utiliser la force institutionnelle pour reconnaître et valider le vécu de ceux qui ont traversé des violences sexuelles, avec pour objectif non seulement de soulager le fardeau de la honte porté par les victimes, mais aussi de sensibiliser la société dans son ensemble. La reconnaissance, dans ce cadre, devient un acte de réparation qui dépasse la seule sanction pénale. Le projet vise également à renforcer la prévention primaire : la composition de ces commissions par tirage au sort permet d’intégrer des citoyennes et citoyens au-delà de l’âge scolaire, favorisant une sensibilisation accrue et une prise de conscience collective, de manière à prévenir la survenue de nouvelles violences. En redonnant une place centrale à l’écoute des survivantes, ces commissions créent un espace sûr où la souffrance peut être reconnue sans jugement, permettant ainsi un apaisement dans le respect des besoins des personnes concernées.

Malgré une hyper-politisation des violences sexuelles qui a suivi la vague #MeToo ayant révélé l’ampleur de ces violences, celles-ci demeurent taboues, un silence dû en partie à une forte déperdition des victimes dans le processus judiciaire. En effet, seule une minorité des cas fait l’objet de condamnations et il est largement aujourd’hui établi que, bien que les violences sexuelles commises par des personnes connues de la victime sont les plus répandues, les violences commises par des personnes inconnues constituent les crimes les plus qualifiés juridiquement. 

Face à ce silence qui entoure encore ces violences, l’Association Reconnaissance aspire à inverser le fardeau de la honte et à ouvrir une voie à la guérison collective. L’Association œuvre pour que la société elle-même se responsabilise et reconnaisse les violences sexuelles comme une question de santé publique, en offrant à chacun l’occasion de se mobiliser pour un changement durable.

Grâce aux multiples échanges et discussions qui ont nourri ce projet, nous nous préparons maintenant à mettre en œuvre un prototype, en espérant le réaliser en collaboration avec des partenaires universitaires pour étudier et documenter son impact. L'Association Reconnaissance a été fondée pour recueillir les fonds nécessaires au lancement de ce projet. C'est un appel à la solidarité, une invitation à soutenir un modèle novateur de prise en charge et de prévention des violences sexuelles. Ce projet ne peut aboutir sans le soutien de chacun-e.

 En cette journée du 25 novembre, engageons-nous ensemble pour mettre fin aux violences sexuelles, offrir une reconnaissance réparatrice aux survivantes et prévenir ces violences qui affectent notre société entière.

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L’Association Reconnaissance est créée